résumé de l’histoire de la classe

  • Présentation :

La série internationale 6 Metre est une classe de la jauge internationale.

À l’instar des autres classes de la jauge internationale, les bateaux doivent correspondre au résultat d’une formule dont les paramètres sont la longueur de flottaison corrigée, le déplacement et la surface vélique. La valeur résultante de la formule, exprimée en mètre, qui est proportionnelle à la vitesse maximale théorique d’un tel voilier, ne doit pas excéder 6 mètres. Cette contrainte laisse une certaine place à la créativité et les voiliers de la classe peuvent présenter des différences notables, contrairement aux monotypes.

  • Histoire

Au moment de la création de la jauge en 1907, la série 6 Metre était la plus petite et la plus abordable. Elle devint rapidement la plus répandue et fut retenue pour les Jeux olympiques d’été de 1908. Il fallut toutefois attendre une révision des règles en 1920 pour qu’elle devienne réellement présente dans les compétitions internationales. Les années 1920 et 30 demeurent l’âge d’or des bateaux de la jauge internationale et des 6 Metre en particulier, attirant les meilleurs régatiers et architectes.

Les critiques allaient toutefois grandissantes et ils subirent la concurrence des 5 Metre, plus petits et meilleur marché, à partir de 1929. La création de la série des 5.5 Metre en 1949 fut le coup de grâce et ils furent exclus des jeux olympiques après l’édition 1952 ainsi que de la Gold Cup en 1953.

La série ne disparut pas pour autant et les années 1980 virent un regain d’intérêt pour les anciens voiliers.

Les quatre premiers 6mJI construits en France dès 1907 sont YVONNE (Plan MÉRAN, construit chez De Conninck à Maisons-Laffitte), POUF, MAROTTE et ATOUT pour des membres du CVP (Cercle de Voile de Paris). Dits première jauge, ces bateaux portaient un gréement aurique, un spinnaker sur un bout-dehors, c’étaient de petits bateaux avec une LOA de 8,15m, une LWL de 5,5m, un bau de 1,80m, un tirant d’eau de 0,90m, un déplacement de 1680kg dont 850kg de lest. Le plan du 6mJI AIOLLI remporte le concours organisé par la revue Le Yacht.

Le 6mJI MAHDRAH était un dériveur. POUF, le premier à régater dès le 31 mars 1907, était un quillard mais disposait d’un lest mobile dans les fonds.

La One Ton Cup du CVP est courue en 1907 pour la première fois sur 6mJI . Participants : les quatre bateaux français cités plus haut et l’allemand ONKEL ADOLPH (Plan W. VON HACHT), vainqueur, l’anglais HINEMOA (Plan Linton HOPE), le belge PRINCESS MARIE-JOSé (Plan de CATUS), l’espagnol SOGALINDA III (Plan ARAUJO, construit chez GUÉDON).

Les Nantais Gustave FITAU et les frères THUBÉ remportent la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Stockholm sur le 6mJI MAC-MICHE (1912). Lire les exploits de l’équipage !

Virginie HÉRIOT a eu six 6mJI, un premier nommé YARA puis la série des cinq PETITE AILE.

Christian X, roi de Danemark, en a eu quatre : DAN 1931, DAN II 1935, DANIA 1936 et DAN III en 1939. Et c’est en son honneur qu’à partir de 1929 les régates de Cannes ont été appelées Régates Royales.
Pour la première édition, le Roi s’est contenté de barrer le 6mJI DANA appartenant à Madame GRAAE, en compétition avec QUIXIE, SONIA et TANIS (K18) les trois bateaux de la famille GUINNESS, avec CAMEO à Monsieur FORD et avec DA HU à Monsieur WETT. L’édition de 1946 a vu la participation de MARQUITA à Monsieur GALLIMARD et celle de EOLE au baron de FENOYLE, vainqueur.

Le Prince Olaf de Norvège a fait construire OSLO (N17 Johan ANKER 1926, basé en Hollande), NOREG (1927) et la série des NORNA, le premier NORNA pour les Jeux Olympiques d’Amsterdam en 1928 (médaille d’or avec Johan ANKER à la barre), NORNA II (N43 Johan ANKER 1931) basé à Grimstad, NORNA III (N49 Johan ANKER 1933) pourrait être celui qui navigue aujourd’hui sous le nom de EMZIA FIN64, NORNA IV (S82 Johna ANKER 1935) navigue en Hollande, NORNA V construit pour les Jeux de 1936 auxquels il ne participera finalement pas. Enfin NORNA VI, plan Johan ANKER 1937 restauré au chantier Walsted en 2001, est rebaptisé LADY DAY DEN58.

Pekka BARCK dit que 60% des 6mJI ont été construits entre 1907 et 1929 et que le record de construction a été atteint en 1910. En 1927 le Suédois Sven SALÈN expérimente lors de régates à Gênes le génois, un grand foc bordé très plat qui recouvre une partie de la grand-voile. L’âge d’or de la Classe se situerait entre 1930 et 1940.

L’histoire de la Classe est dominée par la compétition : la Seawanhaka Cup, la Gold Cup, la One Ton Cup et les Jeux olympiques. La dernière apparition du 6m JI au jeux olympiques de 1952 à Helsinki a vu la victoire de l’Américain WHITON.

Le 24 mai 2005 à Copenhague, pour la première fois depuis une quarantaine d’années, un 6mJI neuf (en bois moulé) est mis à l’eau : SUNRAY DEN 64, la réplique de SINKADUS plan Arvid LAURIN 1939.

Le chantier William et Jorgen JENSEN, basé à Copenhague, a annoncé pour 2007 la mise à l’eau d’une réplique de NIRVANA, plan Olin STEPHENS 1939, l’original ayant été détruit en 1959.

Une équipe projet (Pekka BARCK, Henrik ANDERSIN, Tim STREET, Matt COCKBURN, Basil CARMODY …) a travaillé à la réalisation du Blue Book, un ouvrage sur le 6mJI qui est sorti pour le Centième Anniversaire de la Classe. Basil CARMODY travaille en continu sur le Registre international des 6mJI.

Un débat existe, principalement aux États-Unis, portant sur l’autorisation ou l’interdiction de reproduire à l’identique les bateaux classiques existants (les détruits allant de soi). Les tenants du oui sont emmenés par Matt COCKBURN, Président de la NASMA (BUZZY III), et les opposants par l’architecte Doug PETERSON (BOB KAT II). Le réplica paper a reçu trois avis défavorables contre un. A l’occasion du World 2009 à Newport, de nombreuses restaurations et répliques ont été lancées aux USA dont la réplique du 6mJI CHEROKEE, détruit, plan Stephens & Sparkman 1928, construite par Boothbay Harbor Shipyard’s au Museum of Yachting (voir le blog dédié).

Une proposition est à l’étude pour les classiques dans le but d’imposer des limitations pour le jeu de voiles.

En vue du Mondial 2013, le chantier Robbe & Berking Classics construit trois répliques : NIRVANA plan Olin STEPHENS 1939 construit chez Abeking & Rasmussen incendié en 1959 sur le Lac de Constance, APACHE sur plan Bjarne AAS 1939 disparu dans les années 1960 aux USA, sous le nom d’ISELIN, et RISKEN plan Bjarne AAS 1945 disparu depuis longtemps.

Sources :

http://www.voilesclassiques.com

http://fr.wikipedia.org/wiki/6_Metre